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Dans la région du Sahel on compte quatre provinces que sont : le Seno, le Yagha, le Soum et l’Oudalan. Seules les trois premières provinces sont des localités typiquement peulh ou à prédominance peulh. Il y a de légères différences entre les peuhl du Liptako c'est-à-dire de la province du Seno d’avec ceux du Yagha et aussi avec les peulh du Soum appelés des peulh «Djelgobé». L’exposé ci-dessous ne parle que de la tradition des peulh du Liptako.
La séduction
La séduction chez le peulh repose sur trois (03) composantes principales que sont :
- les parures,
- le maquillage,
- et le verbe (la parole).
Les parures
Chez les peulh de façon générale, les parures portent sur l’or et l’argent qui sont transformés en de très gros bijoux (bagues, colliers, bracelets … etc.) et acquis selon la bourse de chacun.
Ces parures sont surtout portées par les femmes lors des cérémonies de baptême, de mariage et autres manifestations.
Quelques hommes utilisent aussi ces métaux mais en l’occurrence l’argent. Ils en font faire très grosses bagues qu’ils portent aux doigts pendant les cérémonies afin de séduire les filles. En effet posséder beaucoup d’or et/ou d’argent est toujours considéré comme une aisance et la fille se dit qu’elle ne va manquer de rien si elle épouse un pareil homme.
Le maquillage
Le maquillage occupe une place prépondérante dans la culture peulh et est surtout l’apanage des femmes bien qu’il arrive que des garçons se maquillent. Un de ses procédés consiste en la réalisation de petits dessins sur les visages ; à base d’une poudre d’argile de couleur rouge et noire
Il existe un autre procédé qui consiste à noircir les lèvres et les gencives par un tatouage fait avec des aiguilles et du charbon de bois.
Mais actuellement, les tatouages sur les lèvres et les gencives tendent à disparaître à cause des sensibilisations portant sur les infections sexuellement transmissibles et le Sida.
Une autre forme de maquillage bien que rarement pratiquée est la teinture des cheveux à base d’une plante appelé « le henné » ; utilisé aussi pour noircir les pieds et les mains avec des dessins de forme géométrique.
Le verbe (la parole)
Le verbe ou la parole est une des principales approches séductrices chez le peulh. C’est tout un art utilisé par les garçons pour présenter un aspect de son caractère. Ainsi, par des paroles prononcées en paraboles et des proverbes, une fille sait si le garçon avec qui elle s’adresse est charmant, galant et/ou séducteur et s'il est mûr. Pour vérifier cet aspect les filles incitent les garçons à utiliser les proverbes et les paraboles.
Le Djapé : une autre forme de séduction
Explication du « Djapé » : il a lieu lorsqu’une fille, mariée ou pas quitte son village et va dans un autre en raison d’un baptême, mariage ou toute autre cause. La nuit tous les garçons du village viennent se disputer la fille de la manière suivante : la fille est assise sur une natte, un garçon avec sa radio à l’épaule vient jeter un billet de cinq mille (5000) francs et s’assoit alors sur la natte avec la fille. Un autre qui se dit plus nanti jette un billet de dix mille (10.000), délogeant ainsi le premier qui est obligé de se lever car plus nanti que lui est arrivé. Les hommes se succèdent ainsi, celui qui a jeté le plus de billets délogeant celui qui en a jeté le moins ; jusqu'à ce que la fille ou femme ait sommeil et qu’elle aille dormir. De retour dans son village et si elle a été séduite par un des prétendants, cette femme peut quitter son mari pour ce prétendant. Cela crée des duels entre les hommes qui n’hésitent pas à se hacher quand l’occasion se présente se présente, entraînant des attaques incessantes entre les deux familles. Malheureusement cela reste fréquent dans les villages du Liptako. |